Polycarpe n° 2

Extrait :

« Polycarpe essuya la buée d’une vitre. Dans une houppelande écarlate, Roberto tenait la bride d’un Godichon euphorique (si l’on considérait le frémissement de ses grosses babines) harnaché d’une hotte en inox de vendangeur.
(…)
C’est avec un haut-le-corps qu’il identifia deux objets intrus qui dépassaient d’un coin de la hotte : une crosse de fusil et un goulot de bouteille. Il se précipita dehors, écrasant de ses pantoufles charentaises la fine couche de neige.
Il flatta l’encolure de Godichon et tournicota autour de la hotte.

– Eh bien ! dites-moi, le père Noël est armé ! Est-ce une tradition rochebourgeoise ? »

La série :

En retapant un vieux logis délabré, déniché dans un des plus beaux villages de France, Polycarpe Houle reprend goût à la vie après le décès accidentel de sa femme.

Ce vétérinaire quinquagénaire aux manières simples, au caractère bourru et à l’esprit caustique démarre une nouvelle existence.

Il s’intègre tant bien que mal dans ce microcosme rural, représentatif de la diversité des caractères humains, et tisse des liens amicaux avec les plus fantasques d’entre eux, lesquels forment un groupe haut en couleur de personnages récurrents.

Mais la quiétude villageoise est perturbée par la remontée en surface de secrets depuis longtemps enfouis. Polycarpe et ses amis sont ainsi conduits à élucider des crimes qui, sans eux, seraient probablement restés impunis.

Dans cet épisode :

Quel secret semble détenir le magnifique pigeon voyageur qui squatte le toit enneigé du logis de Polycarpe ?
Serait-il un oiseau de mauvaise augure ou vient-il chercher une ultime protection auprès de l'ex-vétérinaire ?

Alors qu'une série d'agressions perturbent les joyeuses animations de noël, l'apparition du volatile coïncide étrangement avec l'épouvantable incendie qui ravage la propriété des Santerre.

Utilisant leurs connaissances en psychologie  humaine et animale, Polycarpe et Imogène parviendront à percer les causes mystérieuses de ces évènements dramatiques.

Le destin émouvant du pigeon et les inclinations amoureuses qui unissent plus d'un couple rochebourgeois en ces fêtes de fin d'année réchauffent l'atmosphère enneigée de cet épisode.

Presse
Benoît Merlin. "Livres", Le Courrier Français

"Polycarpe, Le pigeon noir"
Deuxième titre d'une série imaginée par Claudine Chollet, auteur tourangeau.

À déguster sans réserve ! 

« Le second volume de la série "Polycarpe" ne déçoit pas le lecteur, bien au contraire. Dans Le pigeon noir, on est tout de suite en terrain connu. C'est comme si on revenait retrouver des amis que l'on aurait quitté à regret quelques mois auparavant, et dont on apprécie le contact, avec leurs bons et mauvais côtés. L'auteur aussi semble avoir trouvé la bonne carburation et nous offre une nouvelle facette de la vie des habitants de Rochebourg qui préparent les fêtes de Noël.

À l'été succède donc l'hiver, Polycarpe est maintenant bien intégré à la population (…) Des liens se tissent et des affinités se créent. La vie est celle d'un village rural peuplé de nombreux anciens citadins, dont la diversité des tempéraments crée une ambiance assez tonique. Et voilà qu'un "pigeon noir" vient narguer Polycarpe mais il n'est peut-être pas un oiseau de mauvaise augure, malgré tout ce qu'il suggère. On réagit comme si on était au cœur des problèmes. C'est là tout l'intérêt de cette série. Il n'y a pas de grands héros, mais des gens ordinaires, avec des réactions qui sont souvent les nôtres et que l'on peut donc comprendre facilement. Les personnages ont cette humanité qui les rend sympathiques, même s'ils ne sont pas nécessairement à leur avantage. Quant à Polycarpe, il se comporte en vieux célibataire, avec des sentiments qu'il gère comme sa vie, au jour le jour et dans la sérénité.

La prétention de Claudine Chollet n'est pas de donner des leçons mais simplement de divertir.. Son ambition est de montrer que la nature humaine, même si elle est souvent déconcertante, est pleine de ressource, ce qui est source d'optimisme. Sa peinture sociale est très pointilleuse, mais l'humour est toujours en embuscade. L'écriture est fluide, les descriptions précises, le ton désinvolte. Pas de flots d'hémoglobine ou de sexe, simplement la vie dans ses composantes les plus diverses. Bref, une belle chronique où l'humanité des personnages n'est pas jetée en pâture, mais décrite dans sa concrète réalité, dépouillée du sordide qui noircit la vérité et de l'angélisme qui flirte trop avec le conte de fée. Peut-être un roman "bio", c'est à dire expurgé des parasites artificiels qui alimentent trop de romans qui sacrifient aux modes… Une chose est sûre, il faut venir vivre aux côtés des "Rochebourgeois". On est surpris agréablement en faisant leur connaissance lors du premier roman, on se plaît à les côtoyer avec le second et on espère les retrouver encore pour d'autres péripéties…»

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