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le billet de l'auteur
Article paru dans le média collaboratif « http://www.vues.fr»

Note sur l’œuvre littéraire et les personnages de fiction
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Biographie de l'auteur

Née le 26 octobre  1947.

Études à l'université François Rabelais de TOURS (I&L)

Vis en Touraine.

Adhérente de la MEL (Maison des écrivains et de la littérature) et de la SGDL (Société des gens de Lettres).

Participation en 1975 à la revue expérimentale des Éditions de Minuit aux côtés de Samuel Beckett et de Claude Simon, après un premier roman remarqué par Jérôme Lindon

Ecris et rewrite des nouvelles sentimentales pour «NOUS DEUX» et pour «CONFIDENCES» ; corrige de bulles de BD aux éditions Vaillant (Pif le Chien)

Auteur d’une dizaine de nouvelles inédites, dont certaines primées par :

  • Arts et lettres de France
  • Écriture et Partage
  • La ville de St-Gilles Croix-de-Vie
  • La ville de Châtellaillon
  • La ville de Vitré « les Sévignales »

Publie un POULPE en 2001 aux Éditions La Baleine-Le Seuil : « Un petit lapsus très suspect » n° 228.

Publie les 2 premiers tomes de la collection des «POLYCARPE» aux Éditions Odin :

– «Polycarpe, le vieux logis» (2004)

– «Polycarpe, le pigeon noir» (2005)

Fonde les Éditions Tutti Quanti fin 2006 et publie :

– « Polycarpe, le nègre en chemise» (2007)

– « Polycarpe, le nombre d’or» (2008)  

– « Criminelles » (2009)

– « Polycarpe, Le Crime de River House » (décembre 2010)

Construis le site des Polycarpe :
http://www.editionstuttiquanti.com/index.htlm.htm

Participe régulièrement aux divers salons et manifestations littéraires de ma région (La Forêt des livres, Le Mans, Châteauroux, Brive, Montluçon, Gargilesse, etc.)

Les « Polycarpe » sont distribués en bibliothèques par « Colporte Diffuse ». Rencontres-dédicaces dans les bibliothèques (3 ou 4 fois/an).

Anime un atelier d'écriture à la MJC de Ballan-Miré 37510.

Diffuse sur mon blog :  http://claudinecholletecrivain.hautetfort.com

– un feuilleton "chick lit" : « Place du Palais »

– et une bande dessinée : « Saga d’une Babyboumeuse »

Membre fondateur de « L’association des auteurs et des éditeurs en Touraine »

L’œuvre littéraire et les personnages de fiction

L’œuvre achevée constitue l’artiste ; et non la posture.

Aucun créateur d’œuvres littéraires ne peut faire l’économie d’une réflexion sur l’acte de création.

L’art ne peut pas être d’impulsion.

La réflexion sur la nécessité de l’art (ses objectifs et ses sources d’inspiration) nourrit l’œuvre, la cadre, la justifie.

Il n’y aurait pas d’art dans un monde de robots, où chacun n’est que l’avatar de l’autre, non pas parce que les robots sont des machines mais parce qu’ils n’ont pas de faille existentielle.

 L’art puise son inspiration dans les failles, les fissures, les fêlures des êtres humains, ainsi que dans les infinies différences et les infinies ressemblances entre eux.

La combinaison des composants ADN ainsi que les aléas émotionnels et affectifs produisent une telle incommensurable diversité de personnes qu’il devient possible aux personnages de fiction de devenir aussi vrais que des êtres réels.

Quand leurs « inventeurs » ou leurs auteurs disparaissent, les personnages subsistent dans la mémoire collective comme des ancêtres communs.

Et quand les années passent, voire les décennies ou même les siècles, les personnages de fiction se fondent dans la foule des personnes ayant vraiment existé, ce que confirment quelque fois des adaptations vidéo.

Les personnages que l’artiste a fabriqué avec de la matière humaine ont pris chair et, s’incrustant dans notre mémoire collective, notre généalogie, notre culture, ils deviennent notre propre métaphore.

Nous gagnons tous un peu de leur immortalité.

C’est la revanche de la fragilité humaine sur l’implacable horloge du temps.

C. CHOLLET

Billet de l'auteur

"L’écriture a été le fil conducteur de ma vie. Pendant des années, j’ai écrit dans la clandestinité en menant d’autres activités, très variées, associatives ou salariées, et une vie de famille classique. Puis, un fameux hasard m’a conduite à écrire un « Poulpe » ce que je raconte sur mon blog ; sa publication a provoqué une réflexion sur l’écriture, l’art littéraire, m’amenant à produire une série policière décalée, la série des « Polycarpe » dont les premiers volumes ont été publiés chez Odin. Mais j’ai rompu le contrat d’édition je viens de créer ma propre structure éditoriale, les éditions Tutti Quanti

"Tant que je n’avais pas franchi les portes de l’université, je plongeais délicieusement dans les romans français, russes et américains du 19è et du début du 20è siècle, sans me préoccuper de la création, du pourquoi ni du comment des œuvres littéraires. J’aimais qu’elles lancent un pont entre leurs auteurs et ma petite personne, qu’elles me transmettent leur expérience, leur conception du monde et des gens, j’aimais qu’elles me téléportent dans leurs mondes parallèles.

"La question de l’art littéraire s’est posée naturellement pendant mes études de Lettres, mais la réponse apportée par mes professeurs (Mme Balibar et M. Arrivé, réputés pour leurs publications). a fait voler en éclats ma crédulité et brisé les élans affectueux que je portais à mes écrivains favoris. J’ai cependant ingurgité ces cours avec gourmandise tant ils stimulaient la réflexion, excitaient les neurones, donnant l’illusion aux étudiants d’être devenus plus intelligents que des auteurs prestigieux méchamment réactionnaires : nous étions pétris de théories linguistiques, psychanalytiques, marxistes, heuristiques, qui vouaient aux gémonies le roman bourgeois ! C’était les années 70, le temps de « La Nouvelle Critique », du « degré zéro de l’écriture » de Barthes, de « Qu’est-ce que la littérature ? » de Sartre, de Kristeva, Althusser… Butor et Robbe-Grillet étaient devenus des auteurs modèles. En célébrant la beauté du monde, les Gide, Colette, Giono, n’étaient que des illusionnistes nous induisant en erreur car le bonheur était petit-bourgeois et coupable. On étudiait Stendhal, Balzac, Flaubert comme des paléontologues examinent des fossiles, témoins de ces temps anciens où l’artiste n’était qu’un passeur d’idéologie dominante. Trahissant alors mes premières amours littéraires, je m’emballais pour Claude Simon, trouvais particulièrement esthétiques « les lieudits » de Ricardou, je dopais mon intellect avec « les fruits d’or » de Nathalie Sarraute, et Marguerite Duras - dont j’adorais particulièrement « Les petits chevaux de Tarquina » -Deux grandes romancières qui tissaient le lien entre l’ancien et le nouveau monde des lettres.

"Un doute s’est insinué en moi sur le bien-fondé de ces nouvelles théories quand Jérôme Lindon, le directeur des éditions de minuit, a proposé de publier mon premier roman (qu’il m’avait fait l’honneur de comparer à « L’herbe » de Claude Simon) puis, quelques mois et quelques corrections plus tard, a changé d’avis sous l’influence – m’a-t-il dit – de Robbe-Grillet qui trouvait mon texte pas assez « nouveau roman ».
Quels étaient donc les critères artistiques qui fondaient une œuvre littéraire publiable ?

"Cette question est demeurée longtemps confuse et en suspend. Et d’autant plus qu’elle était brouillée par des phénomènes médiatiques portant étrangement certains auteurs aux nues, des publicités vantant les « futurs best-sellers » ou des réactions d’éditeurs à l’envoi de mes manuscrits (utilisant le terme de scénario pour désigner l’histoire d’un roman).
J’ai retrouvé mes griffonnages en marge d’agendas ou de calepins qui tentaient des définitions de l’art littéraire, sans jamais resoudre cette question ardue. D’ailleurs, pour ne pas simplifier les choses, l’art évolue selon les époques : il est indissociable du réel, doit-il s’en affranchir ou le transformer.
"Ici où là, j’ai noté : « l’œuvre doit être comprise, d’accès facile… l’art d’écrire, c’est l’art de s’adresser à quelqu’un… tout l’art consiste à confectionner un texte original en utilisant le contexte social de tout le monde… l’art d’écrire, c’est combiner le langage de manière inédite… un écrivain, c’est un lecteur frustré qui écrit le livre qu’il aurait voulu lire… la littérature crée un monde virtuel qui devient ensuite la réminiscence d’un vécu chez le lecteur… Parler de soi n’atteint jamais à l’universel excepté chez Proust car son « je » est social avant d’être narcissique…
On aura beau lister tout ce qui constitue une œuvre littéraire, un seul critère en fait une œuvre d’art qui peut rendre tous les autres caduques ou au contraire efficients, j’en ai maintenant le certitude : c’est l’humain comme matière, comme matériau, comme pâte à modeler, c’est l’être humain entouré, comme matelassé, de cette aura invisible qui lui donne vie. Il faut que la vie frémisse, que l’humain se transforme au cours d’une œuvre, et jaillisse hors de l’œuvre pour entrer dans l’existence du lecteur.
"C’est tellement rare que l’industrie du livre ne peut s’en contenter. Il n’empêche que c’est l’humain - sa petitesse, ses ridicules, ses tragédies, son insondable bêtise, sa tyrannie et, parcimonieusement, sa bonté et son intelligence - qui exsude des œuvres de Molière, de Tchékhov, de Shakespeare, de Boccace, de Goldoni, - pour citer les très grands - et de bien d’autres encore… »
"C’est la pâte humaine qui fonde l’art et le reste n’est que littérature."

Article paru dans le média collaboratif « http://www.vues.fr »

 

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